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🧠 Quel investissement pour ton enfant ?
Une approche différente


Les enfants coûtent cher, ça n’échappe à personne.
En témoigne la baisse du taux de natalité en Europe, principalement motivée par des raisons financières comme le coût du logement et l’insécurité économique.
Alors quand on a des enfants, on se demande souvent ce qu'on peut faire pour les aider dans la vie, pour les préparer à ces moments où ils devront voler de leurs propres aile.
Pour beaucoup, ça passe par des activités qui les construisent : sport, colonies, voyages, activités créatives. De quoi développer leur confiance, leur autonomie, leur ouverture d'esprit. Tout cela a un coût. La bagatelle de quelques centaines d’euros par mois.
Et en parallèle, on entend souvent qu'il faut aussi épargner pour eux. Leur constituer un capital pour qu'ils aient des options à 18-25 ans : financer leurs études, se loger, lancer un projet.
Sauf que les deux coûtent cher, et il faut parfois arbitrer.
J’épargne ces 100€ pour eux plus tard ou je les dépense dans leur développement maintenant ?
Est-ce que je néglige sa sécurité financière si je ne le fais pas ?
Après tout le capital financier lui donne des options au début de sa vie d’adulte.
Et le capital humain lui permet de développer des compétences, sa confiance en soi, et une autonomie qui lui donnera les moyens de saisir ces options.
Alors, comment trouver l'équilibre ?
Les deux capitaux se renforcent
La situation idéale, c'est un enfant qui a du capital humain ET du capital financier.
L'économiste Gary Becker (prix Nobel 1992) parlait de capital humain comme l'ensemble des connaissances, compétences et aptitudes qui augmentent la capacité d'une personne à créer de la valeur. Au-delà des diplômes, c'est aussi ces ressources intérieures qui permettent de naviguer dans la vie.
On peut donc aussi traduire ceci comme une personne qui a confiance en soi, qui sait rebondir quand les choses ne se passent pas comme prévu, qui a des relations, des amitiés solides. Une personne autonome qui arrive à se débrouiller. Quelqu'un qui a les ressources intérieures pour naviguer dans la vie, s'adapter, faire des choix qui ont du sens pour soi.
Le capital financier, lui, c'est ce qui lui donne des options et une marge de manœuvre : de quoi financer ses études loin du cocon familial, se lancer dans un projet qui lui tient à cœur ou encore tenir quelques mois sans revenu pour trouver sa voie.
Si j'insiste autant sur ce point, c'est que je vois beaucoup de parents se casser la tête sur les enveloppes fiscales, où investir, combien mettre, quel ETF choisir.
Le capital financier offre des options, mais le capital humain permet à ton enfant d’acquérir des compétences afin de créer de la valeur pour lui-même.
Le capital humain, c'est le moteur. Le capital financier, c'est le carburant.
La difficulté se situe dans l’équilibre, comment construire les deux en parallèle.
1. Se fixer un cap
La première question qui vient, c'est souvent :
Dans quoi j'investis ? Où placer cet argent ?
Sauf que ce n’est pas la question la plus pertinente pour commencer.
La vraie question, c'est : Quel est précisément l’objectif ?
Parce que si tu ne sais pas pourquoi tu épargnes, combien tu vises, et pour dans combien de temps, tu ne peux pas savoir si tu mets assez, trop, ou si tu choisis les bons outils.
Tu veux l'aider à financer le coût de ses études ? L’aider à se loger ? Lui offrir une marge de sécurité à 20 ans ?
5 000€ ? 10 000€ ? 30 000€ ?
À ses 18, 20 ou ses 25 ans ?
Ces réponses changent tout car elles déterminent combien tu mets de côté régulièrement, et quelle allocation tu peux te permettre.
Un point de vigilance : attention à ne pas être trop ambitieux au point de te mettre toi-même en danger. Vouloir donner le plus possible à ton enfant en négligeant ta propre retraite, c'est avoir une épée de Damoclès au-dessus de la tête.
Un parent qui dépend financièrement de ses enfants à 70 ans, est une situation très délicate à naviguer et ce même quand les liens familiaux sont très forts.
2. Combien épargnent les autres parents ?
Maintenant, pour te donner une idée de ce qui est réaliste, voici ce que font d'autres parents en Europe.
Une étude Flagstone (mai 2025, 2 000 parents) montre que la tranche la plus courante est de 5 900 à 11 800€ (pour 21,3% des parents), tandis que 10% dépassent 47 000€. La moyenne nationale atteint 21 500€, tirée par les hauts revenus.
En France, selon l'Ined (2025), l'épargne moyenne par enfant est de 1 300€ (0-17 ans), grimpant à 2 300€ pour les ados en famille biparentale ; les 10% les plus dotés dépassent 6 000€, souvent via Livret A (🫠).
Ces chiffres ne sont pas des cibles à atteindre, simplement une mise en perspective.
3. Est- ce que tu peux te permettre de prendre des risques ?
Si tu as 15 ans ou plus devant toi, oui.
Les ETF diversifiés en actions sont volatiles à court terme, mais plusieurs données historiques dont celle-ci montrent que sur 15-20 ans, ils surperforment largement les placements sans risque. C’est notamment parce que tu as le temps d'absorber les crises.
Par contre, plus tu te rapproches de l'échéance, plus tu dois sécuriser ton argent.
C'est pourquoi se fixer une échéance est si importante : elle te permet d’anticiper et de commencer à dérisquer.
Pour mieux comprendre comment faire ça, cette précédente édition te permet d’y voir plus clair.
4. Garder à mon nom ou mettre à son nom ?
Comme le souligne Shani Jayamanne, Director Investment Specialist chez Morningstar Australia, dans cet article, mettre l'argent directement au nom de l'enfant mineur signifie qu'à 18 ans, il en prend le contrôle total et peut en disposer librement.
À 18 ans, on n'a pas toujours la maturité ou le recul pour gérer un capital important, surtout si on n'a jamais été impliqué dans sa construction.
Si tu gardes l'épargne à ton nom avec l'intention de la lui transmettre plus tard, tu peux adapter le moment en fonction de sa maturité et de sa situation.
Peut-être qu'à 25 ans il ou elle sera plus prêt(e), ou peut-être que tu préfères lui donner progressivement pour qu'il apprenne à gérer en douceur.
Le seul inconvénient, c'est que fiscalement c'est ton patrimoine, tu seras donc imposé sur les gains selon l’enveloppe fiscale choisie ou ton taux marginal d’imposition.
5. Faire une donation ?
Ici il faut que tu te renseignes sur les règles de donation dans ton pays de résidence fiscale, parce qu'elles peuvent vraiment changer la donne.
En France par exemple, tu peux donner jusqu'à 100 000€ par parent tous les 15 ans sans payer de droits de donation, et si vous êtes deux parents, ça monte à 200 000€ au total par enfant.
En Allemagne, pour les donations aux enfants (de classe I), l'abattement est de 400 000€ tous les 10 ans (ex. immobilier familial).
6. Analyser les frais
Un point sur lequel il faut se montrer intransigeant : les frais de transaction.
Comme le met en avant Shani Jayamanne dans son article, sur de petits montants les frais peuvent littéralement dévorer tes efforts d'épargne.
Si tu verses 50€ par mois et que chaque versement te coûte 2€ de frais, tu perds 4% de ton capital avant même qu'il ne commence à travailler, et sur 18 ans ça peut représenter jusqu'à 20% de ton capital final.
C'est pour ça qu'il faut absolument privilégier les solutions sans frais de transaction : versements programmés gratuits, courtiers qui proposent des achats d'ETF sans frais, ou alors verser moins souvent mais en plus gros montants (tous les trimestres par exemple) pour diluer les frais fixes.
7. Donner une éducation financière
Transmettre progressivement une éducation financière à ton enfant est aussi une façon de construire son capital humain.
Tu peux commencer assez tôt par des choses simples comme la gestion de l’argent de poche, l’argent reçu pour son anniversaire, discuter des prix quand vous faites les courses ensemble. Avec le temps, tu peux le ou la responsabiliser davantage : lui donner un budget pour organiser un goûter avec des amis à la maison par exemple.
Plus ton enfant gagne en maturité, plus tu peux lui expliquer des concepts un peu plus avancés, en t'appuyant sur des exemples d'actualité ou d'entreprises qu'elle ou il connaît.
L'objectif, c'est qu'une fois jeune adulte, elle ou il ait déjà les repères pour gérer cet argent de façon réfléchie et responsable.
Les deux capitaux ensemble, humain et financier, les préparent le mieux à se lancer dans la vie et à saisir les opportunités qui se présenteront.
J’espère que l’édition du jour a été utile aux parents qui me lisent 🙂
Prenez soin de vous,
Nessrine
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Articles, recherches et études consultées pour cette édition :
Institut Delors
Baisse de la natalité en Europe, juillet 2022Flagstone
How much is the UK really saving for its children? Juillet 2025Ined Population & Sociétés
L’épargne pour les enfants : de fortes disparités sociales et familiales, novembre 2025Morningstar
How to invest for your kids, septembre 2024Service public
Que puis-je donner à mes enfants, petits-enfants sans avoir à payer de droits ? décembre 2025
Comment s'y prendre