🧠 Éviter les mauvais ETF ?

73% se fient aux perfs passées. Est-ce suffisant ?

Tu passes plus de 6 minutes à analyser un investissement avant d'acheter ? Félicitations, tu fais déjà mieux que la majorité des investisseurs.

Une étude relayée par le Wall Street Journal révÚle que la plupart des investisseurs passent seulement 6 minutes à analyser des titres avant d'acheter, et 73% de ce temps est utilisé pour regarder les graphiques de prix et les performances passées.

6 minutes. Dont 4 Ă  regarder des chiffres qui, on l’a dĂ©jĂ  lu mille fois, ne garantissent pas les rĂ©sultats futurs. Mais alors, si les performances passĂ©es ne prĂ©sagent pas le futur, pourquoi est-ce le premier indicateur qu’on te met sous le nez quand tu recherches un ETF ou une action ?

Et surtout est-ce que cela ne sert vraiment Ă  rien, ou est-ce qu'on ne sait juste pas comment s'en servir ?

Dans cette édition tu vas comprendre pourquoi les performances passées sont plus utiles pour éviter les mauvais ETFs que pour trouver les bons et quels critÚres regarder à la place pour faire un choix sans mauvaise surprise.

On se concentre sur les ETFs ici, pas les actions, si tu veux savoir pourquoi, j'en parle dans cette newsletter.

Les performances passées prédisent-elles l'avenir ?

Morningstar est l'une des plateformes de référence pour analyser et comparer les fonds d'investissement. Sa notation 5 étoiles est basée sur les performances passées ajustées du risque, autrement dit, combien un fonds a rapporté par rapport aux risques qu'il a pris.

Plus la note est élevée, plus le fonds a bien performé dans le passé.

En 2017, le Wall Street Journal a menĂ© une enquĂȘte sur 14 ans de donnĂ©es Morningstar, couvrant plus de 10 800 fonds entre 2003 et 2016. Parmi les fonds ayant obtenu une note 5 Ă©toiles, seuls 12% maintenaient cette note cinq ans plus tard.

C’est parce qu’une bonne performance est souvent le rĂ©sultat d'un contexte favorable qui ne se rĂ©pĂšte pas (combinaison de chance, de timing sectoriel, et plus).

Donc quand on investit à long terme, on ne peut pas se baser sur la performance des 5 derniÚres années pour confirmer la trajectoire sur les 10 prochaines.

Alors les performances passées sont-elles au moins un bon indicateur des perdants de demain ? Partiellement.

Samuel Lee, ancien stratĂ©giste chez Morningstar, l'Ă©crit lui-mĂȘme : quand les performances passĂ©es fournissent une information utile, c'est gĂ©nĂ©ralement pour disqualifier, car les gĂ©rants actifs qui sous-performent de façon persistante ont tendance Ă  continuer de le faire.

C'est ce que Mark Carhart a initialement démontré dans une étude de référence publiée en 1997, portant sur prÚs de 1 900 fonds actions américains sur plus de 30 ans.

Sa conclusion : la seule persistance vraiment robuste qu'il observe est celle des mauvais fonds, car les fonds du dernier décile continuent de sous-performer de façon fiable, alors que les bons fonds voient leur avantage disparaßtre rapidement.

Et les frais jouent un rÎle central dans cette histoire : les mauvais fonds combinent souvent stratégie défaillante et frais élevés, une combinaison qui aggrave la sous-performance et la rend durable.

Quels critĂšres regarder pour choisir un ETF indiciel ?

Il y a trois critÚres qui ne changent pas au gré des cycles de marché.

1. Les frais (TER)

Le TER - Total Expense Ratio- c'est le coĂ»t annuel de dĂ©tention d'un ETF, exprimĂ© en pourcentage. Contrairement aux performances, il est prĂ©visible. Les fournisseurs d’ETF ajustent parfois leurs frais Ă  la hausse ou Ă  la baisse, mais cela reste rare.

J'ai consacrĂ© une newsletter entiĂšre Ă  l'impact des frais sur la performance, tu peux la retrouver ici pour mieux comprendre pourquoi c’est si important.

2. La liquidité

La liquiditĂ©, c'est ta capacitĂ© Ă  rĂ©cupĂ©rer ton argent quand tu en as besoin, au prix auquel tu t'y attends. Ce mois-ci, BlackRock a dĂ» bloquer la moitiĂ© des demandes de retrait de son fonds de crĂ©dit privĂ©, trop d'investisseurs voulaient sortir en mĂȘme temps, le fonds n'avait pas les liquiditĂ©s pour faire face.

Sur un ETF, le risque est diffĂ©rent mais la logique reste la mĂȘme : un faible volume d'Ă©changes quotidiens peut rendre la vente difficile ou coĂ»teuse.

Veilles Ă  ce que le fonds ait au moins 100 millions d’euros d’encours afin d’éviter ce risque.

3. La différence de tracking

Un ETF indiciel a pour mission de répliquer son indice boursier le plus fidÚlement possible. La tracking difference mesure à quel point il y parvient : c'est l'écart entre la performance de l'ETF et celle de son indice sur une période donnée.

Si ton indice de référence gagne 10% sur un an et que ton ETF gagne 9,3%, la tracking difference est de -0,7%.

Deux ETF peuvent afficher les mĂȘmes frais et pourtant l'un colle bien mieux Ă  son indice que l'autre. Entre perdre -0,7% de performance ou -0,15% on prĂ©fĂšrera choisir le deuxiĂšme ETF.

À retenir

Le problĂšme c’est de se fier exclusivement aux performances passĂ©es pour choisir un ETF ou une action.

Personne ne peut prédire le futur : ni les analystes, ni les algorithmes, et les performances passées combinent trop de facteurs (chance, timing, cycles sectoriels) pour servir de GPS fiable vers l'avenir.

Mais elles restent quand mĂȘme utiles pour disqualifier certains fonds.

Combinées à des facteurs stables dans le temps comme les frais, la liquidité ou la différence de tracking, tu as moins de chance de te tromper.

J'espĂšre que cette newsletter t'aide Ă  voir plus clair.

Prenez soin de vous,
Nessrine

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